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[UN AVIS SUR] DARK SHADOWS DE TIM BURTON

Il est fort possible que vous ayez déjà vu la plupart des films de Tim Burton sans pour autant le savoir. Son style est reconnaissable, l’esthétisme gothique et poétique de son œuvre est sa marque de fabrique. Beaucoup aime étiqueter les réalisateurs d’après leur précédentes réalisations, et s’évertuent à trouver le petit détail que l’on pourra mettre en avant pour, dès le jour de la sortie du film, brandir haut et fort un « Tim Burton s’est-il perdu ? » ou encore la fameuse « Pas du tout dans l’esprit de Burton ». Certains l’ont rabâché lors de la sortie de son Alice aux pays des merveilles, alors cela n’étonnera personne que Dark Shadows subissent le même sort. Certes le réalisateur ne nous a pas offert que des chefs d’œuvres ces dernières années, et pourtant il nous livre ici un de ses films les plus pétillant, en retournant aux origines de ses inspirations.

Dark Shadow est l’adaptation d’une série TV crée par Dan Curtis et diffusée aux USA entre 1966 et 1971. Le film de Burton relate donc, comme la série, les mésaventures de la famille Collins et plus précisément du vampire Barnabas. Cependant comme vous vous en douter, résumer quelques 1225 épisodes en 2h n’est pas chose facile, et quelques raccourcis s’imposent. Peut-être est-ce la lacune du film :  Burton connait tellement bien les personnages (il était un grand fan de la série), qu’il en oublie que le spectateur ne connait pas toute l’histoire, et qu’un peu plus de détails sur les personnages n’auraient pas été superflus. Comme par exemple nous livrer un peu plus de la personnalité du personnage de Carolyn (interprété par la jeune et brillante Chloe Moretz) qui semble apparaitre simplement, pendant la quasi-totalité du film, comme une jeune fille de 15 ans en pleine crise d’adolescence. Ou encore sur l’énigmatique jeune David qui est pourtant à la base du film (la famille Collins cherche une nouvelle gouvernante pour s’occuper de lui).

L’histoire du film commence donc en 1752, alors que Joshua et Naomi Collins arrivent pleins d’espoir en Amérique avec leur jeune fils Barnabas. Vingt ans plus tard, le jeune homme vivant dans la ville de Collinsport fondée par ses parents, brise de cœur d’une sorcière prénommée Angélique Bouchard (interprété avec audace par Eva Green). Seulement celle-ci décide de se venger, et après s’être attaqué à son grand amour, elle le condamne ensuite à devenir un vampire et le fait enterrer « vivant ». Deux siècle plus tard Barnabas retrouve sa liberté et est bien décidé à nouer des liens avec sa nouvelle famille, qui vient juste d’engager une nouvelle gouvernante….

Certaines choses sont immuables chez Burton, comme sa fidélité envers ses collaborateurs. Nous retrouvons alors Johnny Depp dans le rôle principal (ainsi que crédité au générique comme producteur), Michelle Pfeiffer dans le rôle d’Elizabeth Collins avec qui il avait tourné « Batman, Returns », Helena Boham Carter dans le rôle du psychiatre Julia Hoffman (son épouse, présente dans quasiment tous ses films), une brève apparition de Christopher Lee en maitre des pêcheurs, ainsi que le talentueux Danny Elfman à la composition. Il nous offre également un peu de sang neuf avec Eva Green (Casino Royale, Kingdom of Heaven) et Chloe Moretz (Hugo Cabret, Kick-Ass) ainsi qu’ avec la très peu connue Bella Heathcote dans les rôles de Victoria Winters et Josette du Pres.

Le film est principalement marqué par une maitrise plastique incroyable, et des répliques particulièrement piquantes. Le réalisateur s’amuse des clichés sur les vampires sans pour autant pousser la plaisanterie trop loin afin d’éviter probablement qu’on lui reproche (mais certains le feront tout de même) de surfer sur la mouvance vampirique de ces dernières années. L’humour est également au rendez vous lorsque le personnage interprété Johny Depp se retrouve confronté à un tout nouveau siècle où les relations sociales et le langage ont bien changé, notamment lorsqu’il tente de prendre des conseils de séduction auprès de la jeune Carolyn, ou encore lorsqu’il prend part à une soiréefeu de camp  de jeunes Hippies.

De plus, bien que l’histoire principale se situe au 20e siècle, la majeure partie du film se déroule dans le manoir des Collins avec de splendides décors gothiques comme sait le faire Burton, et il nous transporte (à l’aide également de la musique de Danny Elfman) dans son univers fantastiques, où monstres mythiques et modernités se mêlent sans pour autant se confronter violemment.

En clair, un film intelligent plein de petites surprises qui annonce à Tim Burton encore une belle et longue carrière. En attendant, courrez au cinéma, puis attendons encore quelques mois pour découvrir son « Frankenwinnie »!

 

 

leti

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