Édouard Balladur, ancien Premier ministre sous François Mitterrand et figure majeure de la droite française, est mort ce 31 août 2026 à Paris à l’âge de 97 ans. Retour sur le parcours d’un homme d’État central de la Ve République.
L’ancien Premier ministre Édouard Balladur est mort ce lundi 31 août 2026 à Paris à l’âge de 97 ans, a annoncé sa famille à l’AFP. Avec sa disparition, c’est l’un des derniers grands acteurs de la vie politique française des années 1980 et 1990 qui s’en va. L’ancien chef du gouvernement s’est éteint entouré de ses proches, quelques mois après la disparition de son épouse Marie-Josèphe.
Grand commis de l’État et pur produit de la haute fonction publique, Édouard Balladur avait commencé sa carrière au sommet du pouvoir dès les années 1960 au côté de Georges Pompidou, dont il fut le conseiller à Matignon puis le secrétaire général de l’Élysée. Acteur central des négociations lors des événements de Mai 68, il est rapidement devenu un rouage essentiel de la famille gaulliste.
Le chef de la seconde cohabitation et « l’ami de trente ans »
Ministre d’État et de l’Économie sous le gouvernement de Jacques Chirac entre 1986 et 1988, c’est en 1993 qu’il accède à l’hôtel de Matignon. Nommé par François Mitterrand après la victoire de la droite aux législatives, il dirige la deuxième cohabitation de la Ve République jusqu’en 1995 avec un style mesuré qui séduit alors une large part de l’opinion publique.
Son mandat à Matignon reste marqué par sa rivalité historique avec Jacques Chirac. Alors qu’ils entretenaient une amitié et une alliance politique vieilles de plusieurs décennies, Édouard Balladur décide de se présenter à l’élection présidentielle de 1995 face à son « ami de trente ans ». Sa défaite au premier tour scelle la rupture irréversible entre les deux hommes et stoppe ses ambitions nationales de premier plan.
Après son départ du gouvernement, Édouard Balladur a continué d’exercer ses mandats de député de Paris et de président de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale jusqu’en 2007. Il s’était ensuite illustré en présidant le comité de réflexion sur la réforme des institutions sous la présidence de Nicolas Sarkozy en 2007. L’annonce de sa disparition suscite aujourd’hui une vague d’hommages unanimes au sein de la classe politique, saluant la mémoire d’un homme de rigueur et d’un grand serviteur de la France.









