Soupçonné d’avoir enlevé Lyhanna, 11 ans, à Fleurance, le suspect de 41 ans fait face à de lourdes révélations. Trois plaintes pour infractions sexuelles sur mineurs visaient déjà cet homme, ami de la famille, avant la disparition de la fillette vendredi 29 mai. Le point sur les dernières révélations de l’enquête.
L’affaire de la disparition de Lyhanna dans le Gers prend une tournure de plus en plus dramatique et suscite une vive indignation. Alors que près de 230 personnes (dont 180 gendarmes, des plongeurs et des bénévoles) ratissent sans relâche les environs de Fleurance pour retrouver la collégienne de 11 ans, le profil du principal suspect s’alourdit considérablement.
Mis en examen et placé en détention provisoire pour « enlèvement et séquestration de mineur de moins de 15 ans », cet homme de 41 ans, prénommé Jérôme B., était déjà dans le radar de la justice. Selon les dernières révélations des parquets d’Auch et d’Agen, trois plaintes pour violences et infractions sexuelles sur mineurs avaient été déposées contre lui avant la disparition de la fillette.
Un profil alarmant : trois plaintes antérieures à la disparition
Alors que le casier judiciaire du quadragénaire était techniquement vierge, les investigations révèlent qu’il faisait l’objet de graves accusations. La procureure de la République d’Auch, Clémence Meyer, a confirmé que le suspect était visé par plusieurs procédures distinctes pour des faits de nature sexuelle sur des mineurs.
* Une plainte de la famille de Lyhanna elle-même : Les parents de la petite victime avaient coupé tout contact avec le suspect après une « soirée pyjama » au domicile de ce dernier. La fillette avait rapporté des gestes très déplacés (« des chatouilles » suspectes). Une plainte avait été déposée à Toulouse, puis transférée au parquet d’Auch avant d’arriver à la gendarmerie de Lectoure en janvier 2026.
* Deux autres plaintes pour des faits similaires : En plus de celle concernant Lyhanna, deux autres signalements ou plaintes pour des infractions sexuelles sur mineurs visaient le suspect pour des faits antérieurs, témoignant d’un comportement récurrent et hautement suspect.
* Un passif professionnel suspect : L’homme avait également été renvoyé d’un précédent emploi au sein d’un établissement scolaire à la suite d’un signalement de la proviseure. Il lui était reproché des comportements totalement inappropriés et des messages insistants envoyés à une élève sur les réseaux sociaux.
Le point sur l’enquête : le suspect mûré dans le silence
Lyhanna a été vue pour la dernière fois le vendredi 29 mai 2026 aux alentours de 15h00, devant son collège à Fleurance. Elle est montée à bord du véhicule du suspect. Une décision qui s’explique par la proximité entre les deux familles : la fille unique du suspect est une amie proche et camarade de classe de Lyhanna.
Face aux enquêteurs, les déclarations initiales de Jérôme B. ont été jugées « relativement incohérentes et imprécises ». Il a affirmé avoir déposé l’adolescente à sa demande près de la piscine municipale de Fleurance, une version à laquelle la justice ne croit pas.
Déféré au pôle criminel du tribunal judiciaire d’Agen, l’homme a changé de stratégie devant le juge d’instruction : il se mure désormais dans le silence et refuse de répondre aux questions, laissant la famille de Lyhanna dans une attente insoutenable.
Dispositif de recherche maximal dans le Gers
Sur le terrain, l’urgence est absolue car la thèse d’une fugue a été formellement écartée dès le premier jour. Pour tenter de retrouver la trace de la jeune fille, le déploiement des forces de l’ordre est massif, mobilisant environ 180 gendarmes mobiles épaulés par une cinquantaine de volontaires et de chasseurs locaux.
Les moyens techniques déployés sont considérables, avec des équipes cynophiles au sol tandis que des drones et un hélicoptère survolent sans relâche la zone. En parallèle, d’importantes fouilles aquatiques sont menées par des plongeurs de la gendarmerie, qui sondent activement la rivière Gers ainsi que plusieurs lacs et plans d’eau situés à proximité de la base de loisirs de Fleurance.
L’avocat de la famille, Mᵉ François Roujou de Boubée, a rappelé la détresse absolue des proches : « La seule attente de ses proches est de retrouver Lyhanna. C’est la seule chose qu’on veut, le reste n’est qu’accessoire. » Les maires de la communauté de communes de la Lomagne gersoise restent mobilisés pour coordonner l’aide citoyenne sans entraver le travail minutieux des enquêteurs.










