La tempête Goretti a traversé la France dans la nuit de jeudi à vendredi, laissant derrière elle un bilan chiffré d’une rare intensité pour une perturbation hivernale. Vents d’une rare violence, dégâts matériels et coupures de courant ont marqué le passage de ce phénomène météorologique qui a balayé l’ouest et le nord du pays avant de poursuivre sa course vers l’Europe du Nord.
Selon Le Parisien, les rafales de vent ont atteint 213 km/h au sémaphore de Barfleur, sur le littoral de la Manche, une valeur rarement atteinte en France métropolitaine hors tempêtes extrêmes historiques.
Des rafales de vent importantes
D’autres points de mesure ont enregistré des vents soutenus parmi les plus forts de la matinée de vendredi :
– 182 km/h à Barneville-Carteret,
– 178 km/h à Saint-Vaast-la-Hougue,
– 148 km/h à Cherbourg,
– 147 km/h à Caen.
À Paris, bien que moins exposée, des rafales ont approché ou dépassé les 100 km/h, témoignant de l’ampleur du phénomène jusque dans les terres.
La violence du vent a provoqué des coupures d’électricité massives : près de 380 000 foyers ont été plongés dans le noir vendredi matin, principalement en Normandie, mais aussi en Bretagne, en Picardie et même en Île-de-France. es réseaux de transport ont également subi de plein fouet les effets de Goretti : la SNCF a suspendu les trains entre Paris et la Normandie, tandis que de nombreux axes routiers étaient encombrés par des chutes d’arbres ou des branches arrachées.
La tempête Goretti a fait quelques blessés
Pour autant, le bilan humain reste, à ce stade, relativement limité : peu de blessés légers ont été signalés, en grande partie parce que les rafales ont frappé tard dans la nuit, période durant laquelle la population était pour l’essentiel à l’abri.
Les premiers bilans indiquent environ 6 personnes légèrement blessées dans différentes régions françaises, principalement à la suite de chutes d’arbres, d’objets divers ou de mouvements brusques liés au vent.
Deux personnes ont également été transportées à l’hôpital après des interventions des secours, mais sans déclarations de blessures graves.
Outre le vent, les conditions maritimes ont été exceptionnelles. Au large de Brest, des bouées de mesure ont enregistré des vagues culminant à 8,4 mètres, tandis que les hauteurs ont varié entre 5 et 6 mètres en mer de la Manche. Ces conditions ont causé des surcotes et des débordements dans plusieurs communes du littoral.
Si Goretti a surtout frappé la France, elle ne s’est pas limitée aux frontières hexagonales. Au Royaume-Uni, les vents ont soufflé jusqu’à 160 km/h (99 mph) sur certaines côtes, entraînant des coupures de courant, la fermeture d’écoles et l’interruption de services ferroviaires.
Météo-France avait émis des vigilances orange et rouge pour plus de 20 départements, et des avertissements similaires ont été diffusés par le Met Office britannique en amont de la tempête.
Une tempête « exceptionnelle », mais pas historique
Pour les météorologues, Goretti se classe parmi les tempêtes les plus marquantes des dernières années, notamment pour ses rafales sur le littoral Manche–Atlantique. Toutefois, elle ne rivalise pas avec des événements tels que les tempêtes de 1987, Lothar ou Martin, qui avaient laissé des traces plus profondes à l’échelle nationale.
La saison des tempêtes hivernales en France dure traditionnellement jusqu’à mars, et les services météorologiques rappellent que d’autres perturbations restent possibles dans les semaines à venir. En attendant, les équipes de secours et les services techniques poursuivent leurs interventions pour rétablir l’électricité, dégager les routes et sécuriser les zones les plus touchées.










