L’histoire qui a captivé des millions d’internautes français s’est terminée en fiasco ce lundi 9 février : l’influenceur alsacien Cyril Schreiner a reconnu avoir inventé de toutes pièces l’enlèvement de son chien Albert, suscitant une vive polémique et des procédures judiciaires.
Fin janvier, Cyril Schreiner, créateur de contenu suivi par plusieurs millions d’abonnés, avait publié une vidéo bouleversante affirmant que deux hommes cagoulés s’étaient introduits chez lui et avaient kidnappé son petit chien, Albert. L’annonce, faite avec émotion et accompagnée d’extraits supposés de vidéosurveillance, avait suscité l’inquiétude et la mobilisation d’une large partie de sa communauté.
Dans les jours suivants, l’influenceur a continué à alimenter l’histoire, annonçant finalement, le 6 février, qu’Albert avait été retrouvé après « négociation » avec les ravisseurs et qu’il s’apprêtait à aller le récupérer en l’enregistrant.
Cependant, très vite, des internautes et des blogueurs comme Aqababe ont mis en doute la véracité du récit, soulignant notamment l’absence de plainte officielle auprès des autorités.
Mea culpa, colère des fans et actions en justice
Ce lundi 9 février, Cyril Schreiner a finalement fait un mea-culpa en série de stories sur Snapchat : il a admis que toute l’histoire avait été inventée. Il a expliqué qu’il traversait une période de lassitude créative et qu’il avait voulu « retrouver le goût des histoires », mais que cela avait **« mal tourné » et que c’était « une très mauvaise blague ». Il a également assuré ne pas l’avoir fait pour des motifs financiers, affirmant avoir perdu des partenariats et de la crédibilité, malgré les gains potentiels liés aux vues.
L’influenceur a présenté ses excuses à ses abonnés et reconnu avoir « foutu la merde », admettant qu’il n’avait pas prévu l’ampleur émotionnelle que l’affaire prendrait.
Réactions et suites judiciaires
L’aveu de la supercherie n’a pas calmé la polémique. De nombreux internautes ont exprimé leur déception et leur colère, dénonçant un détournement de l’émotion liée à la disparition d’un animal, un sujet sensible pour beaucoup.
Au-delà des critiques, une association de protection animale, l’ONG YouCare, a annoncé déposer une plainte contre Cyril Schreiner pour « pratique commerciale trompeuse » et « détournement de la cause animale », estimant que cette mise en scène banalisait un sujet grave et pouvait avoir rapporté des revenus grâce à la monétisation des contenus.
Certaines personnalités publiques, comme Shanna Kress, ont également réclamé que l’influenceur soit sanctionné pour cette fausse alerte.
Un précédent et une affaire symptomatique des réseaux
Ce n’est pas la première fois que Cyril Schreiner se retrouve au cœur d’un buzz controversé. Lors du premier confinement, il avait déjà diffusé une canular évoquant le bouchage des canalisations de sa commune avec des billes d’eau gonflantes, qui avait lui aussi attiré l’attention médiatique.
L’affaire Albert met une nouvelle fois en lumière les dérives possibles des contenus viraux sur les réseaux sociaux, interrogeant la responsabilité des créateurs face à leur audience et les limites entre divertissement et manipulation.









