Un soldat sentinelle / Capture Youtube Euronews
[dropcap]C[/dropcap]ette présence de l’armée divise la classe politique, mais aussi les militaires. Interrogé sur RMC-BFMTV, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense au moment de l’institution de l’opération antiterroriste Sentinelle en 2015, a déclaré : « Il n’a jamais été question que les forces de Sentinelle interviennent dans le maintien de l’ordre. Ce n’est pas leur rôle d’aller au contact des manifestants ». Dans une interview publiée vendredi par Le Parisien, la ministre des Armées Florence Parly a pour sa part assuré : « Nous allons veiller à ce que Sentinelle puisse encore davantage soulager les forces de l’ordre », a précisé Florence Parly, tout en assurant que « la répartition des tâches est très claire entre militaires et policiers », et qu’il est « hors de question » que des soldats soient placés face à des manifestants.
Des soldats ont accepté de témoigner sur franceinfo, sous couvert d’anonymat, à propos de leur mobilisation dans le cadre des prochaines manifestations. « Les mecs de Sentinelle, ce sont tous des militaires, on ne sait pas faire du maintien de l’ordre », explique un militaire. « Si on se fait caillasser, soit on rentre dans le bâtiment pour se mettre à l’abri, soit on ne peut pas se mettre à l’abri pour X raison. La seule réponse qu’on pourra avoir à ce moment-là, c’est peut-être un coup de gazeuse au début ou un coup de matraque télescopique, mais après s’il y a trop de monde, oui, malheureusement il risque d’y avoir des morts », explique le soldat.
« De tels propos sont graves et nourrissent une escalade mortelle. Ils mettent la cohésion du pays et celle du lien entre l’armée et la Nation à la merci de n’importe quelle provocation », a dénoncé Jean-Luc Mélenchon après les propos du gouverneur militaire. Il a demandé à Édouard Philippe de venir s’expliquer en urgence devant l’Assemblée nationale.
« Nous ne pouvons pas laisser une infime minorité violente abîmer notre pays et détériorer l’image de la France à l’étranger », a déclaré ce mercredi le Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement.
Sont concernés l’avenue des Champs-Elysées (VIIIe), les rues qui y mènent, la place de l’Étoile mais aussi un important secteur comprenant l’Elysée (VIIIe), la place de la Concorde (Ier) et l’Assemblée nationale (VIIe). La préfecture de police rappelle que les contrevenants feront l’objet d’une verbalisation pour participation à une manifestation interdite et que les personnes ne pouvant justifier de leur identité pourront être conduites dans un centre de traitement judiciaire pour vérification de leur identité.
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