Elon Musk, patron de Twitter / Capture Youtube Tesla Intelligence UK
Une perquisition est en cours ce jour dans les locaux français de la plateforme X, dans le cadre d’une enquête judiciaire ouverte en janvier 2025 par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris. Les opérations sont menées avec l’appui de l’UNCyber de la gendarmerie nationale et en présence d’Europol, confirmant la dimension internationale du dossier.
Parallèlement, des convocations ont été adressées à Elon Musk et à Linda Yaccarino, respectivement gérant de fait et gérante de droit de la plateforme X au moment des faits. Les deux dirigeants sont appelés à se présenter le 20 avril 2026 à Paris pour des auditions libres. Des salariés de la plateforme sont également convoqués au cours de la semaine du 20 au 24 avril 2026 afin d’être entendus en qualité de témoins.
Selon le parquet de Paris, ces auditions doivent permettre aux dirigeants d’exposer leur position sur les faits reprochés et, le cas échéant, de présenter les mesures de mise en conformité envisagées. Les autorités judiciaires soulignent qu’à ce stade, la conduite de l’enquête s’inscrit dans une « démarche constructive », avec pour objectif final d’assurer la conformité de la plateforme X aux lois françaises, dès lors qu’elle opère sur le territoire national.
Pour rappel, l’enquête a été déclenchée à la suite de deux signalements reçus le 12 janvier 2025. Le 9 juillet 2025, le parquet de Paris a confié les investigations à la direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN). Le périmètre de l’enquête a ensuite été élargi après de nouveaux signalements mettant en cause le fonctionnement de Grok, l’outil d’intelligence artificielle intégré à la plateforme X, accusé d’avoir contribué à la diffusion de contenus négationnistes ainsi que de deepfakes à caractère sexuel.
Les investigations portent sur plusieurs infractions pénales particulièrement lourdes, parmi lesquelles la complicité de détention et de diffusion d’images pédopornographiques mettant en scène des mineurs, l’atteinte à la représentation de la personne par la diffusion de deepfakes sexuels, la contestation de crimes contre l’humanité, ainsi que des faits d’extraction frauduleuse de données, de falsification de systèmes informatiques et d’administration d’une plateforme en ligne illicite en bande organisée.
Cette affaire pourrait marquer un tournant majeur dans la régulation des grandes plateformes numériques en France et en Europe, à l’heure où les autorités cherchent à renforcer leur contrôle sur les usages de l’intelligence artificielle et la modération des contenus en ligne.
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