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À l’école, les enfants jouent aux gilets jaunes contre les CRS !

La mobilisation des gilets jaunes a fait son entrée dans les jeux de récréation des élèves.

[dropcap]D[/dropcap]epuis le début de la mobilisation le 17 novembre, et que ce soit au sein de leur famille, à la télévision, à la radio voire à l’école, les enfants en entendent constamment parler. Une nouvelle mode a d’ailleurs surgi à la récré : on joue désormais aux « gilets jaunes » contre les CRS, comme l’explique Madame Figaro. CRS et gilets jaunes en culottes courtes s’opposent comme dans le monde des adultes.

« Macron démission », c’est le nouveau refrain à la mode dans les cours d’école, référence à la chanson intitulée « Gilet jaune » et interprétée par Kopp Johnson, dont le clip a été visionné plus de 17 millions de fois sur la plateforme de streaming YouTube. « On a été obligé d’interdire ces chants, en leur expliquant qu’ils n’avaient pas à dire cela, qu’ils n’étaient pas encore électeurs. Beaucoup d’enfants me disent : Si je sors vite, Maman m’a promis qu’on irait voir les gilets jaunes. Ils veulent faire des selfies avec eux, voir les camions qui klaxonnent. C’est l’attraction du quartier », raconte une professeure.

« Ce qui préoccupe la société arrive dans les cours d’école. Plus le réel est violent et inquiétant, plus les enfants essaient de l’apprivoiser par leurs jeux, leurs mises en scène et leurs discussions », selon la pédopsychiatre Marie-Rose Moro. En classe, certains enseignants décident de discuter directement du mouvement avec leurs élèves. « Je leur ai expliqué la différence entre gilets jaunes et casseurs. A regarder les images à la télé, c’était un peu confus pour eux », explique Stéphanie, enseignante à Salbris (Loir-et-Cher). D’autres, comme Cécile, professeure des écoles près de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), préfèrent « ne pas trop en parler» pour éviter un débat «qui devient vite politique ».

Dans l’école d’Inaê et Louise, 9 ans, les « gilets jaunes » ont inspiré une pièce de théâtre dans laquelle les élèves doivent inventer des lois « qui révolteraient les enfants, comme supprimer la récréation », explique Louise, scolarisée dans le XXème arrondissement de la capitale.

A la sortie de l’école, les questions continuent. « Lorsqu’on a tenté d’expliquer la situation à notre fille, sa réaction a été C’est qui le méchant?. C’est finalement assez complexe d’expliquer cela et de parler pour la première fois politique avec notre fille de 5 ans », constate Clémentine, mère d’une élève en grande section de maternelle à Dijon (Côte-d’Or).

Pour calmer les inquiétudes des enfants, Marie-Rose Moro conseille « de leur parler sincèrement de tout, sans tabou, y compris de la violence et de ce que demandent les Gilets jaunes ».

Virginie A.

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Virginie A.

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