Ciné

Pentagon Papers : Meryl Streep dirige la presse américaine sur grand écran

Meryl Streep, Tom Hanks, Steven Spielberg au cinéma. Cette seule phrase devrait à elle seule terminer l’article en vous donnant envie d’aller voir Pentagon Papers, sorti mercredi.

[dropcap]A[/dropcap]près un excellent démarrage dans l’hexagone (plus de 3000 entrées à Paris à 14h), et plus de 44 millions de recettes aux US depuis sa sortie, la nouvelle tribune politique de Spielberg entend bien faire couler de l’encre.

Remettons-nous dans le contexte de l’époque : nous sommes en 1967 et le secrétaire à la Défense, Robert McNamara, demande à des officiers militaires et des experts politiques civils de lui rédiger un document sur « Les Relations entre les Etats Unis et le Vietnam 1945-1967 ». Au total, ce sont 7 000 pages secret-défense qui voient le jour, à propos de l’implication politique et militaire des États-Unis dans la guerre du Viêt Nam de 1955 à 1971.

Le document est divulgué « clandestinement » aux rédactions et diffusé sous forme d’articles, en 1971, par le New York Times, puis par le Washington Post. Le Scandale éclate dans le pays. Benjamin Bradlee, rédacteur en chef du Washington Post, et Katharine Graham directrice du quotidien, savent qu’ils risquent la prison pour continuer à faire paraître ces articles. En effet, le gouvernement américain n’a pas apprécié leur parution et a obtenu via une cour fédérale une injonction leur interdisant (ainsi qu’au Times), de continuer la publication des révélations. Suite à l’appel interjeté dans chaque cas par les journaux mis en cause, la Cour suprême des États-Unis prend une décision commune aux deux affaires, qui met fin aux poursuites de l’État et lève la censure fédérale.
Les papiers du Pentagon « Pentagon papers » lanceront ainsi la première vague de contestation sur le bien fondé de la guerre du Vietnam.
Bradlee et Graham sont joués respectivement par Tom Hanks et Streep. Celle-ci incarne la patronne de presse avec une poigne qu’on ne lui avait plus vu depuis son rôle de Miranda Priestly, patronne de la presse féminine dans « Le Diable s’habille en Prada ».

Quand nous vous disions dans l’article sur la route des oscars que c’était notre favori, vous comprenez maintenant pourquoi. Nous en tout cas on va croiser les doigts pour que Meryl Streep ait sa statuette (21ème nomination tout de même), réponse le 4 mars prochain.

Elise Thierry

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