Illustration de pinceaux / Pixabay
[dropcap]L[/dropcap]e tableau n’était pas au goût de ses anciens propriétaires qui l’avaient ainsi remisé dans cette cave. Ils avaient reçu en héritage de longue date cette imposante scène de chasse de 1,10m sur 1,85m. C’est ainsi que, à l’automne dernier, un habitant a invité un commissaire priseur à venir examiner l’œuvre. Me Jack-Philippe Ruellan a effectué plusieurs vérifications avant d’authentifier le tableau, puis l’a présenté à une vente aux enchères à Vannes. « Je l’estimais à l’époque à 150 ou 200 000 euros car il était abîmé (…) Finalement, je m’attendais à une vente entre 200 et 300 000. Mais 7,2 millions, c’est génial ! », s’est exclamé le commissaire priseur après la vente.
Des acheteurs venus d’Indonésie ont fait monter les enchères, et c’est un acheteur anonyme venu de Jakarta, la capitale indonésienne, qui a finalement remporté la vente pour 7,2 millions d’euros. Raden Saleh (1811-1880) avait séjourné plusieurs années aux Pays-Bas, qui étaient alors la puissance coloniale des «Indes orientales néerlandaises», devenues ensuite l’Indonésie. Le peintre indonésien, qui s’était ainsi formé aux Pays-Bas, y était devenu célèbre. Il avait reçu le titre de peintre du palais en 1844. Mais il était également connu à la cour de Saxe, où il avait acquis la réputation d’un personnage fascinant et cultivé. Il a séjourné cinq ans à Dresde et un an à Weimar ; cependant il admirait également les peintres romantiques français, notamment Delacroix. Le roi de France Louis-Philippe avait acquis plusieurs de ses scènes de chasse. Plus tard, en 1869, l’artiste avait fait cadeau de deux de ses œuvres à une autre tête couronnée, l’empereur Napoléon III.
Selon Me Ruellan, cette œuvre est « exceptionnelle sur le plan muséographique ». Selon les informations de Ouest-France, Le commissaire-priseur précise qu’ « il s’agit d’une peinture de grande qualité, rare, elle réunit tous les talents du peintre : l’autoportrait, la composition, le paysage, les couleurs. Elle était recherchée par les experts ». Cependant elle a besoin d’une restauration, estimée à 10 000 euros par une experte d’un cabinet parisien.
Me Ruellan a obtenu l’autorisation pour que cette œuvre quitte le territoire français et qu’elle retrouve ainsi le pays de ses origines.
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