Le gaz hilarant ou protoxyde d’azote, dont l’inhalation est très en vogue, surtout en groupe de par ses effets incontrôlables, au Royaume-Uni, vient d’entraîner la mort d’un jeune homme de 18 ans, qui vivait dans la nébuleuse urbaine de Londres ! Ce dernier a succombé à un arrêt cardiaque, après avoir joué aux apprentis sorciers, en mélangeant gaz hilarant et alcool, le tout dans dans des mesures difficiles à évaluer, d’où le choix lumineux d’une autopsie pour éclaircir les zones d’ombre du décès.
Ce type d’accident fatal n’est pas hélas un cas isolé : entre 2006 et 2012, 17 britanniques, dans la même tranche d’âge, aux prémices de l’âge adulte, ont été également emportés par les effets délétères du protoxyde d’azote selon un rapport de l’université de Londres, socle d’un article du très sérieux quotidien The Independent. Le journal explique que 5 des 17 décès sont liés à une asphyxie résultant d’un manque d’oxygène (médicalement : hypoxie) en 2010.
Ce phénomène sociétal, d’origine britannique où il est en plein boom (il s’exporte dans d’autres pays comme la France où une page a été créée sur le site Drogues Info Services pour la sage gouverne des consommateurs hexagonaux qui bourgeonnent), est une source d’inquiétude, que ce soit auprès des autorités sanitaires que chez les forces de l’ordre ! Cette drogue, sans risque de dépendance, présente un double avantage : elle est facile d’accès (vente en libre service) et son prix est dérisoire .
Quels sont les effets à double tranchant de la « proto » (son surnom le plus familier) : des bouffées inhalées dans un ballon de baudruche, gonflé au protoxyde d’azote, et leur fou rire contagieux entre amis est garanti, entraînant une modification de la voix de ses consommateurs, des vertiges et une euphorie provisoire de 30 secondes, à l’intensité variable suivant les individus et le nombre de prises pouvant s’enchaîner très (trop) rapidement ! L’individu, comme ivre, n’est alors plus maître de lui-même.
Selon le journal The Independent, ce sont pas moins de 500 000 jeunes qui en ont «consommé fréquemment» en Grande-Bretagne, en 2014 (beaucoup d’utilisation pendant des festivals). En 2013, les consommateurs étaient évalués à 350 000. Nous sommes encore loin d’une telle frénésie dans les soirées étudiantes en France mais l’expérimentation de substances psychoactives, aussi bien illégales qu’autorisées, suscite toujours autant de curiosité chez les plus jeunes ! Ils succombent aisément aux charmes des paradis artificiels, la frontière étant souvent ténue entre plaisir factice et dépendance réelle.
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