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MY WEEK WITH MARILYN

Lorsque vous vous mettez en tête de réaliser un biopic -maladie virale de plus en plus répandue dans le monde du cinéma, transmise en majorité par les agents pathogènes que sont les producteurs frileux en recherche de cash flow facile- deux voies s’ouvrent à vous : un récit exhaustif de la vie entière de ladite personne (comme dans le magnifique My Left Foot de Jim Sheridan), ou bien choisir un instant clé de l’existence du personnage nous permettant d’en apprendre plus sur le protagoniste.

C’est pour cette option qu’a optée Simon Curtis en adaptant à l’écran le second livre de Colin Clark consacré à la blonde la plus célèbre de la planète. Publié à la suite de The Prince, The Showgirl and Me qui relatait le tournage du film Le Prince et la danseuse, celui-ci s’attarde sur une semaine magnifique (pour lui, on le comprend) pendant laquelle il vécut (oui, oui comme Giscard avec Lady Di) une relation privilégiée avec la belle Marylin, fraichement mariée (pour la troisième fois à 30 ans) avec le romancier Arthur Miller.

Que dire sinon que l’on ne sait trop quoi penser de ce film après l’avoir vu. Plusieurs aspects en font une œuvre de qualité. Le choix de cet épisode de la vie de l’actrice est particulièrement intelligent car la petite anecdote du cinéma croise ici la grande Histoire du 7ème art. La rencontre de Marylin avec l’immense Sir Olivier  n’est pas seulement celle d’un sexe-symbol et d’un acteur classique au sommet de son art mais le clash de deux mondes, de deux conceptions complètement différentes du métier d’acteur. D’un côté le géant formé à l’école Shakespearienne, ayant eut ses premières expériences et succès sur les planches, découvrant le cinéma et devant apprendre à se plier aux exigences du nouveau média. Face à lui une véritable légende vivante, jouant à l’instinct, en constante remise en cause de son personnage et de ses qualités d’actrice, ambassadrice de la Méthode, accompagnée sur les plateaux par la moitié des deux Strasbergs. Comme le résume parfaitement une scène du film, c’est la rencontre du passé et du futur qui se déroule sous nos yeux, et celle de deux atomes si radicalement différents et puissants ne peut que créer des étincelles.

Le deuxième atout du film réside clairement en son casting, la magnifique Michelle Williams, déjà géniale dans Blue Valentine (oui mesdemoiselles la folle qui se sépare Ryan Gosling), elle crève l’écran en Marylin Monroe et irradie la pellicule en Norma Jeane. Son interprétation est magnifique, elle retranscrit avec brio la nature complexe de la star, à la fois ingénue et manipulatrice, forte et incroyablement fragile, sans jamais tomber dans la caricature ni le déjà vu. Son talent lui  a d’ailleurs valu d’être nominée à l’oscar de la meilleure actrice, elle est malheureusement repartie bredouille face à la machine de guerre Meryl Streep. Du côté masculin, même si Eddie Redmayne assure haut la main son rôle de jeune troisième assistant réalisateur vivant une aventure extraordinaire, il se fait clairement voler la vedette par l’immense Kenneth Branagh. Je ne suis même pas sur que Laurence Olivier aurait mieux joué son propre rôle. Mieux que l’assurance du monstre sacré, c’est ses remises en questions, la peur même, qui l’habite face à l’inconnu, à quelque chose qu’il ne maitrise pas (en l’occurrence le cinéma et l’avènement d’une nouvelle manière de jouer la comédie), qui rendent son rôle magnifique de justesse.

Qu’est ce qu’il manque à ce film me direz-vous alors ? Et bien tout simplement un réalisateur digne de ce nom, les scènes tirent en longueur au point qu’il nous arrive par moment d’attendre avec impatience le générique de fin. Il manque également un certain liant entre chaque tableau, l’arrivée de la star, les caprices de la star, l’accident prémonitoire montrant le penchant de l’actrice pour les médicaments, la romance secondaire, tout s’enchaîne sans réellement de fil rouge permettant d’éviter l’aspect catalogue.

Les fans de miss Monroe apprécieront surement le temps passé devant l’écran, ceux de Michelle Williams également. Pour les autres, hormis le plaisir de voir enfin ce qui se cache sous la jupe de la belle, le temps risque de leur paraître un peu long.

Tuc

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Tuc

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